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De La Fontaine à Booba

  • Auteur/Compositeur Valentin Martinie
  • Collaboration artistique Guillaume Loublier
  • Distribution Michaël Delacour, Guillaume Loublier
  • Genre : Théâtre
  • Durée : 1h
  • 7
  • Date: Du 09 au 31 juillet 2021
  • Début : 11h30 - fin 12h30
  • Date de relâches : les 13,20 ET 27 juillet 2021
  • Nom du théâtre : Archipel (Théâtre L')
  • Adresse : 25 Rue Rempart de l'Oulle
  • Code Postal : 84000
  • Ville : Avignon
  • Pays : France
  • Téléphone de réservation : 04 90 82 96 13


Deux amis liés par l’amour du théâtre et de la poésie s’apprêtent à dire un florilège de fables mais la représentation dérape...

L’un, classique, respecte le texte à la lettre ; l’autre, moderne, se permet tout pour le rendre accessible et s’exprimer pleinement. Chacun va défendre sa vision à travers les textes : Comment dire une fable au théâtre ? Est-ce que La Fontaine a du flow ? Peut-on rapper un texte en vers ? Le rap est-il une forme de poésie ? Est-ce que Booba vaut Baudelaire... ?

Tour à tour, joyeux clash, battle et discussion sur le fond et la forme, De La Fontaine à Booba est une comédie surprenante et rythmée qui mélange les genres avec humour !


« Une ode hilarante qui sonne juste »
« On devrait jouer cette pièce aux gamins dans les écoles »
« Le classique n’a jamais été aussi drôle et vivant »
NOTE D’INTENTION
« La diction scolaire telle qu’elle est pratiquée est tout bonnement criminelle. Allez donc entendre du La Fontaine, du Racine, récité dans une école quelconque ! La consigne est littéralement d’ânonner, et, d’ailleurs, jamais la moindre idée du rythme, des assonances et des allitérations qui constituent la substance sonore de la poésie n’est donnée et démontrée aux enfants1». Voilà ce qu’observait déjà Paul Valéry en 1935…
Néanmoins, le XXIème siècle voit l’essor d’un genre musical qui ne laisse pas en reste ce que Valéry appelle la « substance même de la poésie ». Dans le rap, les mots sont percutants, le phrasé est vital, les jeux de sonorité abondent et le rythme est prégnant. Littéralement « rythme et poésie » (acronyme anglais de « Rythm And Poetry »), le rap se démarque d’autres styles musicaux par l’importance du texte et de sa respiration. Les rappeurs ne sont pas des chanteurs, ce sont avant tout des paroliers qui cherchent leur « petite musique ». Pas de « flow sans profondeur2 ». Le rappeur-poète revient à la source des poèmes homériques avec une recette traditionnelle : « l’image poétique scandée3 ». 

Le rap n’est pas une « sous-culture d’analphabètes ». Certains rappeurs ne s’en cachent pas, ils donnent dans le divertissement. Mais d’autres épousent des formes plus nobles comme le rap conscient ou le rap-jazz. Ne tombons pas dans la caricature. Comme le dit Youssoupha : « Nombreux sont les rappeurs / Rares sont les lyricistes / Nombreux sont les interprètes / Rares sont les artistes.4 » Ces derniers sont les héritiers de Brassens, de Ferré… Et ils puisent leur inspiration encore plus loin. Ces paroles d’IAM ne rappellent-elles pas le style des fables : « Il vient à peine de sortir de son œuf, et déjà Petit Frère veut être plus gros que le bœuf5 » ? Ces rappeurs-là sont « philosophes et poètes crûment 6». Le son et l’image. Le fond et la forme.
Il faut également dire que le rap français a apporté des innovations poétiques : le verlan est une source de richesse, il crée des nouvelles rimes et déplace l’accent tonique : « Seul le crime paie dans les villes du neuf ze-dou / Face à face, que des regards froids y'a pas de yeux doux7». Et certains rappeurs révolutionnent la prosodie avec leur « dangereux phrasé8». Booba, comme la Callas, « respire là où on ne l’attend pas ». Le parallèle La Fontaine-Booba n’est pas une accroche commerciale. Si le hip-hop a ouvert une nouvelle ère de liberté poétique - c’est bien La Fontaine qui a « disloqué ce grand niais d’alexandrin » en plein âge d’or Classique. En utilisant le vers libre, il a remis la poésie au service de la vie. Le fabuliste a le rythme dans la peau et son style sert des images simples qui frappent l’esprit. Tout comme IAM, Oxmo Puccino, Lucio Bukowski… et bien d’autres encore. Dans tous les domaines, et à toutes les époques, on trouve à boire et à manger. Il faut seulement prendre le temps de gratter la surface. Et, à notre humble avis, les rappeurs-poètes d’aujourd’hui n’ont pas à rougir devant la fausse sophistication des précieux du XVIIème...
« De la musique avant toute chose », pourrait-on conclure. C’est vrai pour le rap, c’est vrai pour la poésie, et c’est vrai pour le théâtre. Ajoutons que les facéties des rappeurs comportent une dimension théâtrale qui sert la comédie. La battle rappelle le genre antique de la satire rurale : vers paillards, « combat de gueule », duel de railleries mordantes sur fond de ragots… Voilà un dernier ingrédient qu’on trouve dans la recette donnée par La Fontaine dans la préface des Fables : « On veut de la nouveauté et de la gaîté ! »
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